CREATION CRITIQUE Cycle de conférences (3/3)

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FRANÇOIS CUSSET

ANNE WALDMAN

 

Samedi 3 mai 2014 à 15h

La Coupole, Parc de la ligue arabe, Casablanca.

 

 

Cycle de conférences (1/3)

Cycle de conférences (2/3)

Pour ce cycle de 5 conférences, de 5 interventions, les samedi 26 avril, dimanche 27 avril et samedi 3 mai à La Coupole, la parole est donnée à des créateurs et des critiques, des créateurs qui sont parfois aussi des critiques et inversement, dans des domaines aussi divers que la littérature, l’art, la musique ou la politique. Seront ainsi interrogés le samedi 26 avril les défis propres à la littérature contemporaine marocaine avec l’écrivain et chercheur Mohamed Amanssour et les intersections de la création et de la critique dans le travail artistique avec Mohamed Rachdi ; le dimanche 27 avril, le bon usage des erreurs avec le musicien Marc Ducret ; le samedi 3 mai, comment être contemporain de son temps avec la poète Anne Waldman et comment articuler esthétique et politique avec le théoricien et romancier François Cusset.

 

15H : FRANÇOIS CUSSET – « PASSAGES À L’ACTE »

 

Pendant qu'en de nombreux pays on continue à réprimer la parole et étouffer la créativité, dans les pays gâtés où l'on a pris la parole il y a belle lurette, et où on peut en faire ce qu'on veut, elle semble s'être muée en une boucle autosuffisante, un cercle d'impuissance : tant d'intelligence critique et d'érudition contestataire, tant de textes-contre et de formes en rupture ne changent rien, en fin de compte, au status quo -- ni à l'évidence que la littérature, du moins son canal historique, est là-bas la chose du monde la plus réactionnaire. D'un côté, chez les enfants choyés de la postmodernité, il faudrait donc arrêter de se payer de mots, de se rassurer entre gens du texte et transgressifs malins, et de reconduire notre croyance éculée dans les pouvoirs du performatif. De l'autre, là où s'exprimer a un prix, il faut en conquérir le droit sans en faire pour autant une fin en soi, une politique à elle seule. Dans les deux cas -- et c'est de cette convergence-là que peut être riche un art ou une littérature "postcoloniaux" --, l'essentiel est d'articuler le politique à l'esthétique, la vie et les formes : de brancher chaque phrase inventée, chaque mot martelé, chaque texte subtil sur un petit geste-contre, une esquisse de communauté, un acte effectif. Pour cesser, ici comme là, d'être inoffensifs, et cantonnés à un folklore. Il y va d'un monde à construire, et pas seulement de mots à faire entendre.

 

16H30 : ANNE WALDMAN – « HOW IS ONE CONTEMPORARY WITH ONE'S TIME? »

 

In Georgio Agamben's description the contemporary is the person who perceives the darkness of his time as something that concerns him/her, as something that never ceases to engage him. Darkness is something turns directly towards him. The contemporary is the one whose eyes are struck by the darkness that comes from his own time. Agamben  discourses on how  the neurophysiology of vision - absence of light activates a series of peripheral cells in the retina called off cells.  And when activated these cells produce the particular kind of vision we call darkness.  Darkness is not a privative notion but rather the result of the off cells, a product of our own retina.

Also in an expanding universe the most remote galaxies move away from us at a speed so great that their lights is never able to reach us. What we perceive as the darkness of the heavens is this light that, though traveling toward us, cannot reach us, since the galaxies from which the light originates  move away from us  at a velocity greater than the speed of light. To perceive in this darkness of the present this light that tries to reach us but cannot this is what it means to be contemporary.

 

 

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